jeudi 14 décembre 2017

François Cornut-Gentille : "La défense est aujourd’hui sans vision par défaut de projet politique"

Député (LR) de Haute-Marne depuis 1993, François Cornut-Gentille affiche une expertise reconnue des questions de défense et de la réforme de l'Etat. Il donne dans cet entretien sa vision de la politique de défense, à l'heure où le budget 2018 de la France va être adopté.

@Assemblée nationale
Crédits de la défense, 34,2 milliards. Ce budget vous satisfait-il ?
Il est indéniable qu’un réel effort budgétaire est réalisé pour 2018 dans un contexte extrêmement contraint. Je constate aussi un effort de sincérité budgétaire avec une meilleure prise en compte des opérations extérieures (OPEX) ainsi qu’une prise en compte des tensions sociales avec le plan famille.
Mais s’en tenir à ces réalités positives aboutirait cependant à une vision extrêmement déformée de la situation. De nombreux sujets de préoccupation demeurent : après la suppression de 850 millions d’euros cet été, de nouvelles amputations sur les équipements ou un report de charges trop élevé auraient pour effet d’abaisser le point de départ du budget 2018.
En outre, l’effort pour rendre le budget sincère sur les OPEX réduira d’autant l’ampleur de l’effort budgétaire annoncé en faveur des armées. Enfin, plus insidieusement, l’article 14 du projet de loi de programmation des finances publiques gèle le reste à payer pour les années à venir au montant de 2017 : environ 100 milliards pour l’État, dont 50 milliards pour le ministère des armées et 35 milliards pour le seul programme 146, les équipements. Dans ces conditions, la modernisation des équipements militaires au cœur de la prochaine LPM (Loi de programmation militaire) risque d’être sérieusement mise à mal car leur logique pluriannuelle est incompatible avec le couperet de l’article 14. Ces questions sont d’autant plus cruciales que l’état actuel de nos équipements peut remettre en cause les ambitions militaires de la France.

La démission du général de Villiers a-t-elle fait prendre conscience des enjeux financiers ?
La spectaculaire démission du général de Villiers autour des emblématiques 2 % (comprendre porter le budget de la défense à hauteur de 2 % du PIB) a eu pour principal effet de placer la question budgétaire sous les feux de l’actualité. Les militaires et les observateurs des questions de défense se montrent désormais beaucoup plus attentifs sur des sujets complexes comme la prise en charge des surcoûts des opérations extérieures, la fin de gestion…
Pourtant cette vigilance renforcée des acteurs de la défense, les interrogations sur la soutenabilité du budget de la défense sont encore aujourd’hui sans réelle réponse. Au-delà des slogans et des discours, la mécanique budgétaire demeure opaque et complexe. C’est un terrain fertile pour les coups de Jarnac.

Vouloir protéger, est-ce, pour un pays, un projet fédérateur ?
Certes les armées sont là pour nous protéger, au même titre que les autres forces de sécurité. Mais cela ne fait pas une stratégie de défense. La ligne Maginot était une politique défensive qui a mobilisé tous les crédits budgétaires de l’époque au détriment du reste. Or, sur le plan stratégique, il aurait fallu réfléchir au reste.
Quelle est la stratégie de la France en matière militaire ? Est-ce, comme les Allemands, promouvoir les productions de l’industrie de défense ? Si oui, que fait-on de la dissuasion ? Est-ce, comme pour le général De Gaulle, donner au Président de la République la crédibilité nécessaire pour défendre une voix originale dans le monde ? Si oui, que nous apporte notre participation à l’OTAN ? Au-delà de la lutte contre le terrorisme, avons-nous quelque chose à dire aux Africains ?
Poser ces questions ne doit pas être l’affaire de quelques-uns mais un débat ouvert. Je crois que le Parlement est l’instance qui s’y prête le mieux. Ce travail est indispensable ; car de la stratégie ou vision choisie doivent découler l’organisation de défense, le format des forces, les équipements dont nous avons besoin. Aujourd’hui, au nom de la protection, on entretient l’existant en saupoudrant les moyens dans les forces sans véritable projet.

Il faudrait donc une vision moins diplomatique et plus politique ?
C’est plus grave : la défense est aujourd’hui sans vision par défaut de projet politique. Ce n’est pas la faute des militaires. Et ce n’est pas propre à la défense. L’Etat dans son ensemble est incapable de redéfinir sa finalité. Enseignants, policiers, préfets, ambassadeurs, agents de l’Etat, tous demandent une définition précise de leur rôle et de leur mission dans une société devenue complexe où plusieurs légitimités sont à l’œuvre.
L’Etat d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier et croire que l’on pourra revenir en arrière est une erreur. La défense triomphante sous De Gaulle était portée par une stratégie. Il nous incombe de cerner les enjeux du monde d’aujourd’hui et de repréciser l’ambition de la France !

Y-a-t-il débat ?
Aujourd’hui clairement non. On fait comme si tout fonctionnait ou ne nécessitait quelques simples adaptations. Or, les Français constatent bien le progrès de l’impuissance publique.
Mais avant de donner une vision, encore faut-il être d’accord sur le diagnostic. C’est au Parlement d’évaluer les politiques publiques, de dire ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Ce diagnostic doit contraindre les responsables d’agir, de proposer des innovations nécessaires, voire de réclamer du pouvoir politique des instructions cohérentes et claires.
Ce travail de diagnostic justifie le développement des pouvoirs de contrôle et d’évaluation du Parlement. Je l’ai fait sur l’Ecole polytechnique en 2014 et sur le transport stratégique en 2017, deux sujets jusqu’alors délaissés mais problématiques. Dans les deux cas, le ministère de la défense a bougé. Preuve que Parlement et exécutif peuvent opérer de façon complémentaire et intelligente.

Ce rapport sur le « transport stratégique » a permis de « lever certains lièvres. » Y-a-t-il des suites ?
La ministre des armées s’est pleinement saisie du sujet cet automne. Des enquêtes internes et judiciaires sont en cours. Il ne m’appartient pas de les commenter. Je me dois simplement de veiller que les dysfonctionnements constatés ne se reproduisent plus et que la dépendance française en matière de transport stratégique soit enfin une préoccupation centrale. On peut vouloir être la première armée européenne mais si cette armée dépend d’Etats étrangers pour sa mobilité, je doute de son rang réel.

mercredi 13 décembre 2017

Le budget adopté définitivement vendredi

Ce projet de loi de finances a attribué à la Défense un budget (crédits de paiement) de 34,2 milliards d’euros pour 2018. S'il est en augmentation par rapport à l’exercice 2017 (+1,8 milliard), les crédits ponctionnés pour régler les engagements passés venant à échéance sont de 16,9 milliards. Le seul équipement des forces représentant 9,07 milliards.
Dans ce vertige de chiffres, il est intéressant de savoir que le volume des autorisations d'engagement non couvertes (reste à payer) par des crédits de paiement au 31 décembre 2016, représentait 50,4 milliards d'euros. 

lundi 11 décembre 2017

Que disait la Gazette de Théophraste Renaudot, le 11 décembre 1717 ?

L'auteur de l'article se trouve à Belgrade, quelques semaines après que la ville ait été conquise par Eugène de Savoie, commandant en chef de l'armée autrichienne alors que la troisième guerre austro-turque dure depuis un an. Elle prendra fin en 1718.
Archives ministère des affaires étrangères

samedi 9 décembre 2017

Catherine Sarlandie de La Robertie

La nouvelle préfète l'Aveyron, nommée cette semaine en conseil des ministres, est colonel de réserve. Catherine Sarlandie de la Robertie affiche un parcours des plus brillants. Rectrice de l'académie de Caen de 2010 à 2012, enseignante détachée à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr, conseiller de défense auprès du préfet de la région de Bretagne, cette spécialiste de l'intelligence économique et stratégique est également polyglotte (anglais, chinois, russe, allemand et japonais).  

vendredi 1 décembre 2017

André Genet parrain de la dernière promotion du SSA

La promotion 2016  de l’école de santé des armées (SSA, Lyon), soit 100 aspirants médecins et 4 aspirants pharmaciens, portera le nom d’André Genet. Du nom d’un médecin, Compagnon de la Libération (1943), qui a rejoint les Forces Françaises libres en 1940  après avoir participé à l’expédition de Norvège (printemps 40). Ce fils d’ophtalmologiste est alors affecté à la 13ème Demi-brigade de Légion étrangère. Blessé au bras lors de la sortie de vive force de Bir-Hakeim (10-11 juin 1942), le capitaine Genet participera ensuite aux campagnes de Tunisie, d’Italie, de France. Grièvement blessé en Alsace, le 23 janvier 1945, il décèdera dix jours plus tard.

lundi 27 novembre 2017

Prise d'armes du président de la République aux Invalides

Il y en a deux. La première avant le 14 juillet, la seconde à la fin de l'année. Cet après-midi dans la cour d'honneur des Invalides (Paris), Emmanuel Macron a décoré douze militaires. Légion d'honneur, ordre national du mérite ou médaille militaire. Parmi eux, l'amiral Coldefy (2s) a été fait grand'croix de l'ordre national du Mérite.
Emmanuel Maron suivi de Florence Parly, ministre des armées et Genevière Darrieusecq, secrétaire d'Etat (@HW)


Les récipiendaires

dimanche 26 novembre 2017

Le drapeau du 11ème REI

Le drapeau du 11ème Régiment étranger d’infanterie sera-t-il remis au Groupement de recrutement de la Légion étrangère, le 30 avril prochain lors de Camerone 2018 ? Tout au moins le nouveau drapeau, en cours de fabrication.
Le chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT), par décision du 10 mars dernier a, en effet, confié sa garde au GRLE (Fort de Nogent, 94).
Le 11ème REI a eu une existence extrêmement brève. Créé dans l’urgence en  novembre 1939, il est intégré, au mois d’avril suivant, à la 6ème division d’infanterie nord-africaine (DINA) où il est chargé d’interdire l’avance allemande.
Le 18 juin, le PC du chef de bataillon Clément, son troisième et dernier chef de corps, est installé dans le bureau de poste de Saint-Germain-sur-Meuse (Meuse). L’encerclement est imminent. Il est 20h30. Le régiment a ordre de tenir la position jusqu’à 22h. Afin d’éviter que le drapeau ne tombe dans les mains des Allemands, le commandant prend la décision de le brûler. Ce qu’il fait avec un légionnaire, en présence de neuf officiers et sous-officiers. Mais la cravate tricolore est, elle, confiée à un lieutenant qui doit la porter au général de Verdilhac (6ème DINA) pour le prévenir du sacrifice du régiment. Finalement, celle-ci est enterrée (avec le fanion, semble-t-il) au pied de l’église de Crézilles (Meurthe-et-Moselle). Elle sera récupérée par une infirmière en 1941 qui lui fera passer la ligne de démarcation et la rendra à la Légion.

jeudi 23 novembre 2017

La Légion étrangère veut recruter en Polynésie

Engager une cinquantaine de légionnaires polynésiens est l'ambition de la Légion étrangère à partir de 2018. Depuis 2009, elle disposait d'un bureau d'information et de recrutement (BIRLE) tenu par un réserviste citoyen. Qui fournissait uniquement de l'information. Dans quelques semaines, la Légion passe à la vitesse supérieure. Deux sous-officiers polynésiens, anciens du REP et du 2ème REG, et trois militaires du rang  tous réservistes vont accueillir à Taaone (Pirae) les candidats et leur faire effectuer tests psychologiques, visite médicale, parcours sportif et entretien de motivation. En cas de succès lors de cette sélection, les postulants seront acheminés en métropole et iront au fort de Nogent (Groupement de recrutement de la Légion étrangère, 94). Avant d'être envoyés, pour la phase ultime de la sélection, à Aubagne (13).  Ces dernières années 400 candidats, se sont présentés au bureau d'information à Tahiti. La Légion estime pouvoir en recruter une cinquantaine chaque année.

mardi 21 novembre 2017

Le lieutenant-colonel Sabljic commandeur de l'ordre national du Mérite

Engagé en 1974 à la Légion étrangère, le lieutenant-colonel Sabljic, promu aujourd'hui commandeur de l'ONM, servit dans tous les grades, de militaire du rang et de sous-officier -y compris celui de major- au 2ème Régiment étranger de parachutistes (REP, Calvi). Ce croate d'origine participa, en 1978, à l'opération Bonite à Kolwezi, l'une des très nombreuses missions extérieures accomplies par ce képi blanc qui termina sa carrière en 2012, comme adjoint au chef de la DSPLE (division statistique et protection de la Légion étrangère). Quelques semaines après avoir quitté le service actif, Zlatko Sabljic devint directeur de la Maison du légionnaire, fondée par le général Rollet en 1934. Officier de la Légion d'honneur, il avait été choisi en 2014 par le COMLE (général commandant la Légion étrangère) pour porter la main du capitaine Danjou. 

vendredi 17 novembre 2017

L’officier de gendarmerie et la maison du bonheur

Nous sommes en mars dernier. Dans le TGV Marseille-Paris, une passagère est assoupie. Elle assure être brusquement réveillée par la main baladeuse de son voisin. La jeune femme âgée de 26 ans raconte s’être « indignée » puis avoir changé de place. L’individu se lève, revient à la charge, prétendant être tombé sous le charme de la demoiselle. Il aimerait la revoir. Et lui tend une carte de visite sur laquelle figurent nom, prénom, coordonnées. Comme profession, la jeune femme peut lire : masseur à la maison du bonheur. La passagère dépose plainte. Les policiers ont identifié l’homme. Il s’agit d’un lieutenant-colonel de gendarmerie, basé dans le Sud-Est. « Une technique de drague » a expliqué l’officier-masseur. Pour l’heure, l’enquête se poursuit.

jeudi 16 novembre 2017

Les Caracals dotés du HK 416 F

Les légionnaires de la 4ème compagnie en soutien des policiers de l'air et des frontières au port de Marseille, aujourd'hui (@LE)
La 4e compagnie de la 13e DBLE vient de terminer sa montée en puissance. Première mission des Caracals, l’opération Sentinelle à Marseille (Bouches-du-Rhône). Les légionnaires sont dotés du HK 416 F, nouveau fusil d'assaut de l'armée de terre (voir blog, 10 juillet 2017) dont c’est la première utilisation dans une mission opérationnelle. 

mercredi 15 novembre 2017

Bonjour matelote !

L'ONISEP (Office national d’information sur les enseignements et les professions) consacre son dernier numéro de Zoom des métiers à ceux de la mer. En utilisant l’écriture inclusive. Ce qui donne pour les métiers militaires, officière, lieutenante, matelote…A ne pas confondre, toutefois, avec la préparation du poisson d’eau douce.

dimanche 12 novembre 2017

Cent portraits pour un centenaire

Ou les soldats de Foch vus par le peintre suisse Eugène Burnand. Ces portraits d'hommes au visage grave ont été peints entre 1917 et 1921 et sont exposés, jusqu'au 11 février 2018, au musée de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie, à Paris. Le seul manquant est celui du maréchal Foch que Burnand n'eut pas le temps de réaliser avant son décès. Cette exposition est celle des "Alliés dans la guerre des nations" : aviateur, marin, tirailleur, aumônier, infirmière, zouave, spahi algérien, tirailleur sénégalais, sous-officier écossais, soldat serbe ou japonais...exactement 102 pastels de soldats de la Première Guerre mondiale. Les trois bâtons de maréchal de Ferdinand Foch sont, également, présentés. En effet, la France, la Grande-Bretagne et la Pologne l'élevèrent à la dignité de maréchal.

samedi 11 novembre 2017

Partenariat Légion-INSEP

Les légionnaires sont les stagiaires et les sportifs de haut niveau des coachs en formation. Tel est l'objectif du partenariat signé entre le Groupement de recrutement de la Légion étrangère (GRLE,Fort de Nogent, 94) et  l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP, bois de Vincennes, 75012). Ces stagiaires, cadres et légionnaires s'entraînent ainsi chaque mardi, souvent individuellement, avec des champions qui préparent leur reconversion.

jeudi 9 novembre 2017

Il y a 55 ans, la Légion quittait l’Algérie


Sidi-Bel-Abbès, le 29 septembre 1962, au petit matin, les corps du général Rollet, « père » de la Légion moderne, du commandant Aage de Danemark et du légionnaire Zimmerman (dernier légionnaire tué en Algérie), précédés de la main du capitaine Danjou, de l’urne funéraire du légionnaire William Moll (mort en 1937, cet américain avait émis le vœu de reposer à la Légion) ainsi que des drapeaux et étendards, quittent le quartier Vienot.
Le 24 octobre, le colonel Vaillant reçoit le maire de la ville. Un harki venait de se voir attribuer la Légion d’honneur. Le maire la lui a remise discrètement, en dehors de la ville. Le soir, le 1er Régiment étranger (RE) rend hommage à ses morts. Tous écoutent le poème écrit par le capitaine de Borelli dédié à  son ordonnance, qui se sacrifia pour lui (3 mars 1885, siège de Tuyen-Quang).
Le lendemain, le quartier est vide. La Légion quitte Sidi-bel-Abbès. Sur le quai de Mers el-Kebir, l’armée, la Marine, le 2ème REP rendent les honneurs. Dans un grand silence, le navire gagne le large. Sur le pont, le colonel Vaillant, au garde-à-vous, salue jusqu’à ce que le quai ne soit plus qu’un point.

mercredi 8 novembre 2017

Arnaud Danjean "L'ambiguïté comme nouveau mode de conflictualité"

Arnaud Danjean, député européen qui a présidé le comité de rédaction de la Revue stratégique "qui porte la pâte du général de Villiers" était, ce matin, l'invité de l'Association des journalistes de défense (AJD).
Voici quelques-unes des réponses apportées par ce solide connaisseur des affaires stratégiques, qui se définit d'abord comme un "généraliste", aux questions des journalistes.

Les limites de l’action militaire
"Le Sahel est un bon exemple. Nous risquons l’enlisement. Dès lors, comment utiliser les armées à bon escient et éviter la sursollicitation ? Nous avons, aujourd’hui, une génération de responsables militaires parfaitement conscients que l’action militaire seule peut conduire à l’impasse et que lorsqu’on déclenche une intervention, il faut inscrire l’action dans la durée. Et déjà travailler à la stratégie de sortie...."

L’Europe et le Sahel 
"La stratégie européenne pour le Sahel, qui expliquait très bien l’approche globale nécessaire entre sécurité et développement, a été adoptée en mars 2011 par le conseil européen. Soit près de 2 ans avant l’intervention militaire française. Mais elle ne commence à être réellement mise en œuvre que depuis quelques mois. A cause d’atermoiements et de difficultés bureaucratiques et parfois idéologiques entre des acteurs qui n’ont pas de culture stratégique commune."

La situation au Mali 
"Elle se dégrade, particulièrement au centre du pays, avec une radicalisation de la jeunesse peul notamment. C’est un phénomène relativement nouveau qui prend une ampleur inquiétante. Nous assistons à une course contre la montre idéologique avec les jihadistes qui exploitent avec beaucoup d’opportunisme les frustrations de la population."

La soutenabilité des opérations
"Il y aurait, d’après les dernières estimations fournies, 800 militaires américains au Niger. Ce qui est largement ignoré de l’opinion publique américaine. Dans cette zone sahélienne, Washington nous laisse le leadership. Mais nous avons besoin de certaines capacités américaines et ne sommes pas totalement autonomes. Il faut rester vigilants à cet égard, réduire nos dépendances et également ne pas céder à la flatterie ! A être considéré comme les meilleurs alliés, cela peut nous amener à nous nous sentir obligés d’accepter toutes les sollicitations. Quid s’ils nous demandent de remettre des troupes en Afghanistan ? Saura-t-on dire non ? Il nous faut garder une capacité d’autonomie."

Les ennemis 
"Le jihadisme se désigne lui-même comme un ennemi, il n’y a aucune ambiguïté. Mais il ne faut pas réduire cet ennemi à Daesh. Selon moi la menace Al Qaeda reste largement aussi dangereuse. Et ce terrorisme jihadiste ne requiert pas seulement une réponse militaire. Et ne saurait donc être le seul facteur dimensionnant pour nos opérations. N’oublions ainsi pas qu’au Sahel, si les actions des forces spéciales sont la pointe de diamant de la lutte anti-terroriste, nos troupes font aussi de la stabilisation plus « classique ».  Ne l’oublions pas car c’est très utile. 
Les théâtres d’opérations face au jihadisme sont très vastes et continuent de muter : de la Mauritanie aux Philippines. Et la réponse est multidimensionnelle.Mais la réflexion stratégique ne doit pas s’arrêter à l’horizon jihadiste. La Chine, la Russie et les autres puissances qui procèdent à une militarisation massive et rapide, ce ne sont évidemment pas des ennemis mais leur évolution peut faire peser des menaces sur nos intérêts ou sur nos alliés. La communauté de défense n’est pas naïve. Et il nous faut surtout prendre en compte l’ambiguïté comme nouveau mode de conflictualité."

jeudi 2 novembre 2017

Moins de croix de la Légion d'honneur

Réduction de 50% du contingent civil, 10% du contingent militaire. Le conseil des ministres a confirmé, aujourd'hui, une diminution des effectifs de la Légion d'honneur. Celle-ci "doit être attribuée avec mesure dans un équilibre qui lui permette d’alimenter sa vitalité et cultiver son prestige" explique le compte-rendu du conseil. Qui insiste sur "un respect plus strict des critères d'attribution." Dans quelques semaines, un décret triennal fixant les contingents pour les années 2018 à 2020 sera publié. Ces trois dernières années, les contingents annuels étaient les suivants : 
- civil. Chevalier : 2800 ; officier : 360 ; commandeur : 75.
- Militaire. Chevalier : 900 ; officier : 275 ; commandeur : 62.
Précisons que jusqu'ici, certains dossiers présentés par les ministères étaient retoqués par le conseil de l'ordre de la Légion d'honneur, les mérites, notamment, n'étant jugés suffisants. Et ce dans une proportion non négligeable. 
Les croix allouées aux étrangers connaîtront également une baisse de l’ordre de 25 %. 
"Ces exigences de renouveau" s'appliqueront également à l'ordre national du Mérite et aux ordres ministériels (Palmes académiques, Mérite agricole, Mérite maritime et Arts et lettres). 

mercredi 1 novembre 2017

Harcèlement sexuel : démission du ministre britannique de la défense

Michael Fallon vient d'adresser une lettre à Theresa May, Premier ministre britannique, dans laquelle il reconnait s'être "mal comporté dans le passé", comportement qui n'avait "peut-être pas été à la hauteur." En début de semaine, le ministre de la défense s'était excusé d'avoir, lors d'un dîner, posé sa main sur le genou d'une journaliste.

jeudi 26 octobre 2017

Daniel Cordier chancelier d'honneur du Conseil national des communes "Compagnon de la Libération"

Après la disparition de Fred Moore, le 16 septembre dernier, le président de la République a nommé Daniel Cordier, chancelier d'honneur du Conseil national des communes "Compagnon de la Libération". Ancien du BCRA, secrétaire de Jean Moulin d'août 1942 à juin 43, Daniel Cordier, dans la Résistance  BIP W - BX10 - Alain - Michel - Benjamin- Talleyrand - Toussaint, est âgé de 97 ans.
Depuis le 16 novembre 2012, avec l'entrée en vigueur de la loi créant le Conseil national des communes "Compagnon de la Libération" (Nantes, Grenoble, Paris, Vassieux-en-Vercors, l'Ile de Sein) le chancelier de l'ordre de la Libération est devenu délégué national. Le conseil de l'Ordre a été remplacé par le conseil d'administration dans lequel siègent tous les compagnons vivants (10), le délégué national (le général Baptiste) et les cinq maires en exercice des communes" Compagnon".
Deuxième ordre national français après la Légion d'honneur, l'ordre de la Libération a été institué par le général de Gaulle par une ordonnance du 16 novembre 1940. La croix de la Libération a été attribuée à 1038 hommes et femmes (6),  18 unités militaires des Forces françaises libres et donc cinq communes.

mercredi 25 octobre 2017

Le major Rusig cité à l'ordre de la nation

Le 26 novembre 2016, le major Christian Rusig, 55 ans, de la région de gendarmerie d'Occitanie, était délibérément percuté par le conducteur d'un véhicule qu'il tentait d'intercepter à Ussat (Ariège). Il décédait le lendemain matin. Le major Christian Rusig avait été déjà distingué à deux reprises, à titre posthume, lors de de l'hommage national qui lui avait été rendu le 30 novembre, recevant la croix de chevalier de la Légion d'honneur et  la médaille de la gendarmerie. Il avait été aussi élevé au grade de chef d'escadron. Ce matin, le journal officiel annonce que C. Rusig a été cité à l'ordre de la nation. 
Mis en examen pour homicide volontaire, le conducteur du véhicule, Loïc G. 31 ans faisait l'objet d'une interdiction de séjour dans le département. Son casier judiciaire fait état de 24 condamnations pour vols et violence.

dimanche 22 octobre 2017

Attribution de commandements dans la Marine

Le capitaine de corvette Nicolas Faure commandera le sous-marin Casabianca (équipage bleu). En ce qui concerne les bâtiments de surface, le capitaine de frégate Philippe Guéna dirigera Le Rhône, navire de soutien et d'assistance hauturier.
Le chasseur de mines tripartite L'Aigle aura pour pacha le capitaine de corvette Sébastien Drouelle, les patrouilleurs de haute mer Enseigne de vaisseau Jacoubet et Premier maître l'Her, les capitaines de corvette Marie Martineau et Nicolas Cacciaguerra, les patrouilleurs La Moqueuse et La Glorieuse (400 t) les lieutenants de vaisseau Yoann José-Maria et Julien Feurtey. Le Malin, autre patrouilleur, sera aux ordres du lieutenant de vaisseau François Junique. Enfin les frégates La Fayette, Courbet, Surcouf seront commandées par les capitaines de frégate Pascal Forissier, Iban Harismendy et Christine Ribbe.

mercredi 18 octobre 2017

Vive les sigles !


L’armée est une consommatrice d’acronymes. Dans un document Terre récemment consulté, le bienvenu lexique définit 515 acronymes. Je n’ose fournir un chiffre pour l’ensemble des sigles Air et Marine qui viendraient enrichir l’ensemble.