lundi 29 février 2016

Camerone 2016, le général Grosjean porteur de la main

Il sait tout ou presque de la Légion. De cette Légion étrangère qui combattit en Indochine puis en Algérie. De cette Légion post Seconde Guerre mondiale. Mais aussi des hommes qui la servirent et se battirent avec lui. Le général René Grosjean, qui a été choisi pour porter le 30 avril la main du capitaine Danjou, incarne cette "Légion au combat" qui sera célébrée en 2016, à l'occasion du 153ème anniversaire du combat de Camerone. Dans la dernière livraison de Képi blanc, le général Maurin, commandant la Légion étrangère, insistait sur ce "poids du sang".
"Il est considérable : la Légion a perdu en Indochine près de 12 000 des siens lors de ce con­flit, soit en moyenne 4 morts par jour pendant huit ans. En Algérie, ce sont près de 2 000 légionnaires de tous grades qui ont laissé leur vie, soit en moyenne 4 morts par semaine pendant huit ans. Depuis, les guerres passées ont laissé la place à des engagements bien moins meurtriers. Ces 40 dernières années, la Légion a perdu 70 des siens en opérations, et un peu plus de 90 des siens à l’entrainement, en service aérien commandé ou en service commandé, soit une moyenne de 4 morts par an. Des deuils douloureux nous ont marqués : je ne peux tous les citer, mais Hol-Hol, le Mont Garbi, et aujourd’hui la Maurienne, marqueront des générations de légionnaires pour encore longtemps".


Né en 1928, René Grosjean s'est engagé en 1947 au titre du Centre de perfectionnement de l’infanterie de l’Ecole militaire préparatoire d’Autun. 
Après l’Ecole spéciale militaire interarmes, l’Ecole d’application de l’infanterie de Saint-Maixent, le sous- lieutenant Grosjean est ensuite affecté au 35e Régiment d’infanterie à Belfort. En 1953, il rejoint la Légion en Indochine où il sert au 2ème régiment étranger d'infanterie. Deux ans plus tard, direction l'Algérie où il est fait chevalier de la Légion d'honneur. Il a 31 ans. A l’issue de la guerre, le capitaine Grosjean commande la Compagnie de transit du Détachement de la Légion étrangère de Marseille. En 1963, il retrouve l’Algérie indépendante et le 2e REI,  à Colomb-Béchar. Suivent le Centre de regroupement de la Légion de Strasbourg, le commandement du Détachement de la Légion de Bonifacio, la direction du  Service du moral et du foyer d’entraide, à Aubagne  puis d'autres commandements, le Groupement d’instruction  et le Détachement du 1er Régiment étranger, en Corse. En 1975, le lieutenant-colonel Grosjean devient chef de corps du 3e Régiment étranger d’infanterie (Kourou, Guyane). D'autres affectations suivront jusqu'en 1985. Commandeur de la Légion d'honneur, le général Grosjean totalise 21 années de service à la Légion étrangère.

dimanche 28 février 2016

Elodie Clouvel, Valentin Belaud

Trois points communs les unissent. Ils sont gendarmes (brigadière-chef et adjoint volontaire), sportifs de haut niveau et partagent la même discipline, le pentathlon moderne. Soit cinq épreuves : escrime, natation, équitation, tir au pistolet et cross-country. Tous deux viennent de terminer troisième de la première manche de la coupe du monde, qui s'est déroulée, ces dernières heures, au Caire (Egypte). Demain, Elodie Clouvel et Valentin Belaud s'envoleront avec l'équipe de France pour Curitiba, au Brésil. Pour prendre "des repères sportifs avant les jeux olympiques de Rio".

samedi 27 février 2016

Hugues Malecki, officier puis sous-préfet, suspecté de vol de mobilier national

Sa carrière avait démarré dans l'armée. Au service de santé, comme vétérinaire. Au gré des affectations, il fut ainsi conseiller de la cellule de santé à l'état-major Sud-Est de la force multinationale IFOR-OTAN.  Après vingt ans de service, l'officier changea d'univers. Hugues Malecki passa deux années au ministère de la Santé puis intégra l'Intérieur. Où il fut notamment directeur de cabinet du préfet de Corrèze. Secrétaire général de la préfecture des Vosges, son parcours le conduisit également au haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie. Territoire où il revint récemment dans le cadre de sa mobilité ; il fut ainsi de décembre 2014 à janvier 2016, secrétaire général de la mairie de Nouméa. Depuis quelques jours, il était secrétaire général aux affaires régionales (SGAR) de Normandie. 
Un épisode professionnel de ce haut fonctionnaire mérite un "arrêt sur images". Retrouvons-nous en 2006-2007. M. Malecki est alors en poste à Brioude (Haute-Loire). Il est sous-préfet de l'arrondissement. Au cours de ces quelques mois, il aurait confondu mobilier national et biens personnels "notamment un tableau de grande valeur qui a été présenté chez Sotheby's pour plusieurs dizaines de milliers d'euros" raconte une source judiciaire, citée par le quotidien Paris-Normandie. Suspendu à titre conservatoire, mis en examen, Hugues Malecki a été placé en détention provisoire.

mercredi 24 février 2016

Beau geste, Hans Hartung, peintre et légionnaire

Il s'agit d'une exposition qui sera accueillie, du 16 avril au 28 août à Aubagne, au musée de la Légion étrangère et au centre d'art les Pénitents noirs. Il s'agit pour ses concepteurs, Fabrice Hergott, directeur du musée d'art moderne de Paris et Cécile Degos, scénographe, tous deux partenaires réguliers de la Légion, de "marquer l'engagement militaire de Hans Hartung". Sous le képi blanc où il fut Jean Gauthier en 1939 puis Pierre Berton en 1943.  Il perdra une jambe au combat.
La désolation de la guerre, période figurative de ce porte-drapeau de "l'Ecole de Paris" et de "l'abstraction lyrique" sera accueillie au musée de la la Légion, Les sublimations du Sud aux Pénitents noirs.

mardi 23 février 2016

La FSALE : montrer qu'il y a une vie dans cette 2ème Légion

120 amicales en France métropolitaine et outre-mer, 28 à l'étranger dont l'Australie, Madagascar, le Sénégal... La Fédération des sociétés d'anciens de la Légion étrangère affiche 10.000 membres. "En 2015, nous avons permis à plus d'une centaine de "jeunes anciens légionnaires" de trouver un emploi" explique son président, le général Rémy Gausserès. En organisant, par exemple, deux forums emploi à Paris et à Rousset (Bouches-du-Rhône). "L'accueil et le placement demeurent évidemment notre priorité" commente cet ancien chef de corps du 2ème régiment étranger de parachutistes (1990-1992). "Vous savez, nos légionnaires en valent la peine ! " Son credo : montrer qu'il y a une vie "dans cette deuxième Légion...". Son équipe "très tonique" est notamment composée du général Jean-Louis Francheschi qui a commandé entre 2002 et 2004 la Légion étrangère (vice-président), du colonel Habourdin (directeur général) n°2 de la Légion sous trois COMLE, du colonel Blanchard (trésorier), promotion Brunet de Sairigné à Saint-Cyr (1967-69)... 
Le congrès de la FSALE, qui se déroule tous les trois ans, aura lieu les 3, 4, 5 juin 2016 au palais des congrès du Canet (Alpes-Maritimes).

lundi 22 février 2016

Vers une prochaine réouverture du musée de l'ordre de la Libération

Situé au sein des Invalides à Paris, le Musée de l'ordre de la Libération qui devait réouvrir le 16 novembre dernier, ne l'est toujours pas. La faute à des travaux de sécurité incendie. Après quatre ans de fermeture et 13,3 millions d'euros de travaux pour le bâtiment et la muséographie, la réouverture semble toutefois proche. Mais celle-ci sera déterminée par le rapport prochain de la commission de sécurité.

dimanche 21 février 2016

samedi 20 février 2016

La Légion d'honneur se livre

Angélique Duchemin ? La première femme décorée de la Légion d'honneur, en 1851, à l'âge de 79 ans. La maréchale Lyautey sera en 1953, la première grand officier et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, la première grand'croix (1997). Né en 1802 de la volonté de Napoléon Bonaparte "qui dut se battre au Conseil d'Etat, au Tribunat, au Corps législatif pour la faire accepter" rappelle le général Jean-Louis Georgelin, actuel grand chancelier de la Légion d'honneur, dans un petit ouvrage (par le format) "La Légion d'honneur". 
80 % des 93 000 décorés actuels sont chevaliers, 17% officiers, 3% commandeurs ; les grands officiers sont un peu moins de 300, les grand'croix environ 70.
Ces  93 000 décorés, représentent 0,14% de la population française. En 1960, l'effectif était de 320.000. Le décret triennal en vigueur de 2015 à 2017 prévoit un contingent spécial permettant, chaque année, de récompenser 600 anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, ceux des guerres en Afrique du Nord et des théâtres d'opérations extérieurs.

Jean-Louis Georgelin (en collaboration avec Alice Bouteille) La Légion d'honneur, (Dalloz, 3 €)

mardi 16 février 2016

Cécile Degos

Scénographe du musée de la Légion étrangère à Aubagne, Cécile Degos (légionnaire de 1ère classe d"honneur) vient d'organiser la muséographie de la salle de la Légion d'honneur du musée, situé au siège de la Grande chancellerie, à Paris. Un mécénat privé à permis cette rénovation.

lundi 15 février 2016

Légion étrangère. Nouveaux chefs de corps

Le 1er RE, le 2ème REI, le 2ème REP et la 13ème DBLE changeront de chef cet été.
A Aubagne, c'est le lieutenant-colonel Guillaume Dujon qui prendra le commandement du 1er Régiment étranger. Il est actuellement au CFT à Lille (commandement des forces terrestres). A Nîmes, c'est le colonel Steve Carleton, aujourd'hui au COMLE, qui succédera au colonel Valéry Putz  à la tête du 2ème Régiment étranger d'infanterie. A Calvi, le 2ème Régiment étranger de parachutistes sera commandé par le colonel Jean de Monicault (EMAT). En Aveyron, c'est le lieutenant-colonel Percie du Sert (EMAT) qui sera en charge de la 13ème Demi-brigade de Légion étrangère, nouveau format. Enfin, en Ile-de-France, un nouveau chef de corps devrait être nommé dans les prochains jours au GRLE (Groupement de recrutement de la LE).

samedi 13 février 2016

Décès de l'un des derniers survivants du commando Kieffer



François Andriot faisait partie des 177 Français qui débarquèrent en Normandie, le 6 juin 1944, sous les ordres du commandant Kieffer. Imprimeur, fils d’imprimeur il avait quitté Chaumont (Haute-Marne), sa ville natale, en 1942, pour rejoindre la France Libre via l’Espagne. Où il fut emprisonné. Il arriva en Angleterre en mai 1943 et s’engagea dans les FFL. Il fut affecté dans les commandos français intégrés au commando britannique n°4. C’est ainsi que François Andriot participa, un an plus tard, à l’opération Overlord. Après guerre, il s’installa en Angleterre où il travailla comme imprimeur.
François Andriot qui était l’un des derniers survivants du commando Kieffer, vient de décéder à l’âge de 94 ans, à Wigmore (sud-ouest de l’Angleterre).

vendredi 12 février 2016

Attentats du 13 novembre, 11 pompiers décorés



430 sapeurs-pompiers de Paris ont été engagés lors des attentats du 13 novembre 2015. Ce matin à l’état-major de la brigade dans le 17ème arrondissement, Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de terre a décoré onze d’entre eux "pour avoir conduit des actions particulièrement déterminantes dans les secours aux personnes, en tant que premiers intervenants au Bataclan, comme chef du poste de commandement médical, ou encore lors des opérations de secours au stade de France et dans les rues de Paris, notamment de la Fontaine, Beaumarchais, Charonne ou encore de Bichat". 

jeudi 11 février 2016

Jean-Yves Le Drian reste à la défense

Pour beaucoup, le suspense n'existait pas. Toutefois, depuis quelques jours, alors que chacun s'interrogeait sur le nom du successeur de Laurent Fabius au Quai d'Orsay ou sur le retour des Verts au gouvernement, des informations faisant état d'un départ de Jean-Yves Le Drian circulaient. La réponse est ce soir connue. Décodage apporté par un hiérarque socialiste : "Le Drian apparaît clairement comme l'homme fort du gouvernement".

mercredi 10 février 2016

Et les 130 victimes ?



Le jugement claque : "130 morts, c’est lourd à porter pour tout le monde. C’est un sentiment d’échec pour ceux qui ne sont pas dans le déni de la réalité." Déni de réalité ? Le parlementaire qui s’exprime ainsi vise le discours, vendredi dernier, de Cécile Duflot lors de la première séance de discussion de la loi de révision constitutionnelle. L’ex secrétaire nationale des Verts convoque alors, durant les trente minutes de son intervention, allégrement, Vichy mais aussi Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Une députée de Paris (imposée alors par le PS dans la quatrième circonscription la plus sûre de France) qui n’a jamais eu peur d’utiliser des raccourcis historiques immensément hasardeux et d'appeler des soutiens au Panthéon. Mais revenons quelques jours plus tôt. L’anecdote date du 22 janvier 2016.
Le président de la République reçoit les présidents des groupes parlementaires. Cécile Duflot vient à l'Elysée en qualité de responsable de la moitié des députés écologistes (EELV). Elle raconte au chef de l’Etat qu’elle " se souvient des attentats de 1995" (8 attentats, 8 morts, près de 200 blessés), " que le gouvernement n’avait pas décrété l’état d’urgence et qu’au bout d’une semaine plus personne n’en parlait… ". En France, le 13 novembre dernier 130 hommes et femmes, jeunes pour la plupart ont été abattus ! Déni de réalité ? 
L'ambitieuse Madame Duflot évolue dans son registre mais contribue avec d'autres à gauche, à droite et aux extrêmes, depuis des semaines, à prolonger l’état de fiction dans lequel s'est plongé une partie du personnel politique. Cet interminable débat, prolongé dans les médias, aura eu toutefois pour "vertus" de dégager deux certitudes : celui-ci
-         s’est concentré autour d’un défilé de postures. On n’ose évidemment pas imaginer un seul instant que chacun ait agi en fonction de calculs politiques personnels…
-         Le décalage immense entre la population (donc les électeurs) et ces acteurs politiques.
Résultat ? La déchéance politique sera votée à la majorité absolue par les Français. Malheureusement !

mardi 9 février 2016

Les chasseurs canadiens rentrent au pays



Les six CF-18 canadiens (CF-188 Hornet) qui participaient aux frappes aériennes de la coalition anti-Daesh, vont rentrer progressivement à la base militaire 4e Escadre Cold Lake, dans le nord de l'Alberta, à partir du 22 février. Décision annoncée officiellement, il y a quelques heures, par le Premier ministre Justin Trudeau, conformément à ses promesses de campagne.

lundi 8 février 2016

L'audience du général Piquemal reportée (actualisé)

Ce matin, le général Christian Piquemal a fait un malaise et a été transporté à l'hôpital dont il sorti cet après-midi. Il n'a donc pu comparaitre. L'audience serait renvoyée au 12 mai, selon un avocat présent au tribunal de Boulogne-sur-Mer qui, en comparution immédiate a jugé quatre autres personnes arrêtées, également, samedi à Calais lors de cette manifestation anti-migrants, interdite.
Le prévenu qui possédait un taser a été condamné à deux mois de prison, sans mandat de dépôt. Celui arrêté avec deux bombes lacrymogènes écope de trois mois, sans mandat de dépôt. Le troisième prévenu, arrêté avec un poing américain, est condamné à deux mois avec sursis. Quant au quatrième qui, lui, portait un cutter, la procédure est annulée en raison d'une erreur de procédure : il avait signé une convocation pour être jugé en juin.

                                              Un général solitaire

Ce soir, sur RTL, le général Piquemal a déclaré regretter d'avoir participé à ce rassemblement initié par Pegida, le mouvement extrémiste allemand avec qui il "ne partage aucun lien". De son côté, la Fédération des sociétés d'anciens de la Légion étrangère (FSALE) précise, dans un communiqué que "tous ceux qui ont connu le général Piquemal en activité, sont désolés de ces événements. Cependant", précise le général Gausserès, son président, "c'est à titre personnel qu'il a agi. Aussi toute initiative non concertée avec le bureau de la Fédération, serait de nature à transgresser l'article 7 de notre code d'honneur de l'ancien légionnaire : "Je m'interdis d'impliquer la Légion étrangère dans toute action politique." "ll y va du maintien de la bonne image de la Légion étrangère", conclue le texte.

dimanche 7 février 2016

Le général Piquemal et l'image de la Légion

Christian Piquemal n'est pas, à 75 ans, un banal retraité. Ingénieur en génie atomique, membre du cabinet militaire de trois Premiers ministres socialistes, Michel Rocard (1989-91), Edith Cresson (1991-92) et Pierre Bérégovoy (1992), il a quitté l'armée avec le grade de général de corps d'armée.  Mais de sa carrière, on ne retient qu'un point, son passage à la tête de la Légion étrangère (1994-1998). Ce qui donne à son arrestation, hier à Calais, un écho et une importance que l'information brute n'aurait pas eue s'il s'était agi d'un personnage neutre. L'homme qui a commandé, à la fin du XXème siècle, l'institution ne ressemblait pas à celui qui a participé hier à une manifestation interdite, organisée par un mouvement d'extrême-droite anti-migrants, racontent certains officiers qui l'ont cotôyé. Peut-être. Et de pointer du doigt son passage à la présidence de l'Union nationale des parachutistes (UNP, 2004-2014).
Une certitude, toutefois depuis quelques heures, la Légion se retrouve indirectement en première ligne. Et certains raccourcis et amalgames ne manqueront pas d'être effectués. "Un risque de généralisation existe" pense cet officier supérieur. "Il y a quelques mois, un autre ex COMLE, Dary, avait conseillé la Manif pour tous, aujourd'hui c'est Piquemal".  
Au fond, Christian Piquemal comme tout citoyen peut penser ce qu'il veut. Mais le général ex COMLE n'a-t-il jamais envisagé que ses postures publiques pourraient exposer la Légion étrangère, celle, ironie de la situation, qui ne recrute quasi exclusivement que des migrants ?